Faire appel à un pharmacien installé, aux grossistes ou aux groupements, au booster de la CAVP, aux obligations simples ou aux obligations convertibles en actions, à un prêt familial, à un crédit vendeur ou à des aides publiques à la création et reprise de société… Il n’y a que l’embarras du choix !
S’associer à un pharmacien investisseur
Le(s) titulaire(s) exerce(nt) seul(s) dans l’officine et devront être majoritaires en capital (sauf exception avec les holdings). L’investisseur est forcément un pharmacien inscrit à la section A de l’Ordre ou une société (SEL ou SPFPL). L’objectif pour les titulaires sera le plus souvent de devenir à terme autonome financièrement en détenant la totalité du capital. Dans ce type de montage, il conviendra de déterminer la durée de l’association (5 à 8 ans), de fixer les modalités financières de sortie des associés.
Les boosters d’apport
Ils peuvent prendre diverses formes : prêt classique, participatif, in fine ou avec différé d’amortissement, Obligations Simples, Obligations Convertibles en Actions. Durée : de 5 à 15 ans (avec un différé de remboursement). Ceux qui les proposent sont cautions ou financeurs. A charge à l’acquéreur de choisir celui qui lui correspond le mieux, avec lequel il se sentira le plus en phase, sur le plan tant des valeurs que de la stratégie.
L’apport provenant de la famille
. La donation simple. Elle est rapportable à la succession sauf si elle est hors part successorale. Elle est très dangereuse car elle fait, lors de cet évènement, l’objet d’une réévaluation. Si on ne fait rien, c’est le régime légal de toute donation qui s’applique. Attention, le don manuel en est un !
. La donation-partage. Les valeurs sont figées au jour de la donation. La donation-partage (en présence de plusieurs enfants) est obligatoirement un acte notarié. Lorsqu’un seul des enfants est diplômé et souhaite reprendre la pharmacie familiale exploitée en société, les autres héritiers codonataires non-pharmaciens seront « désintéressés » par une somme d’argent – appelée soulte – qui leur sera versée à terme par le repreneur ou immédiatement, si elle est financée par un emprunt bancaire au nom de la société exploitant l’officine.
. Un prêt familial : il doit être enregistré aux impôts, comporter un taux d’intérêt cohérent et doit être véritablement remboursé (prêt étalé ou in fine sur 12 ans).
Le crédit vendeur
Pour faciliter la vente de son officine, le cédant peut accorder deux types de financement : un financement du stock, un financement partiel du fonds de commerce, par exemple portant sur 10% de la valeur du fonds cédé. L’ensemble des conditions de ces opérations de financements doivent être clairement précisées (montant du crédit vendeur, taux d’intérêt, modalités de remboursement…).
Les aides à la création et reprises de société – ACRE/ARCE/maintien des allocations chômage
En étant démissionnaire d’un poste d’adjoint et inscrit à France Travail, un pharmacien peut prétendre à des aides financières dans l’hypothèse où il se trouverait demandeur d’emploi au moment de son installation.
L’ACRE : Le bénéficiaire de l’Acre (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) est exonéré, pendant 12 mois à compter de la date du début d’activité de l’entreprise, des cotisations salariales et patronales d’assurance sociale. Le montant de l’exonération dépend du montant de sa rémunération. Pour les dirigeants de société, un certain nombre de conditions (notamment ayant trait à la détention du capital) doivent être remplies pour pouvoir bénéficier de cette aide.
L’ARCE : Sur le plan des aides sociales, l’ex adjoint peut bénéficier, sur une période limitée à 2 ans suivant la fin du contrat de travail, des allocations chômage de l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise). De nouvelles règles d’éligibilité à l’ARCE sont entrées en vigueur depuis le 1er avril 2025. A compter de cette date, le cumul de l’ARE avec les revenus professionnels non-salariés est limité à 60 % des droits restants. L’obtention de l’ACRE entraîne automatiquement le droit au bénéfice de l’ARCE. Les deux aides sont cumulatives.
Les prêts spéciaux pour les entreprises
Ils sont divers et variés : aides pour la transformation numérique des entreprises dans le cadre du dispositif France Num, aides à la création et à la reprise d’entreprise de la banque publique d’investissement BPifrance, prêts régionaux, accords de partenariat entre la Banque européenne d’investissement (BEI) et le Crédit Agricole pour soutenir les professionnels de santé dans leurs projets d’investissement, notamment dans des territoires souffrant de désertification médicale…
Les aides publiques au niveau des collectivités territoriales
Il existe des aides mises en place par l’État et au niveau des collectivités territoriales (régions, départements, communes). Le montant et les modalités pour obtenir ces aides publiques dépendent à la fois du lieu d’implantation de l’entreprise et de la politique d’aménagement du territoire de chaque collectivité territoriale. Elles peuvent prendre différentes formes : aides directes, subventions d’investissement, prêts bonifiés, exonérations fiscales et sociales, différés de remboursement d’emprunt, etc.
Chaque région propose un dispositif d’accompagnement à la création d’entreprise (remplaçant le Nacre depuis 2017). Selon la région, l’accompagnement peut consister en une aide au montage du projet de création, une aide à sa structuration financière et/ou un suivi du développement de l’entreprise.